Pourquoi la gestion de fortune est le secteur où la vidéo manque le plus

La relation de gestion se noue sur un facteur que le marketing financier ne sait pas produire : la confiance dans une personne. Un client qui place plusieurs millions ne choisit pas un rendement, il choisit quelqu'un qu'il pourra appeler un dimanche soir de krach. Or l'ensemble du secteur genevois communique par écrit, en PDF, dans un registre interchangeable.

Résultat : le premier contact humain arrive au rendez-vous, c'est-à-dire beaucoup trop tard dans le parcours. Tout ce qui précède — le site, le profil LinkedIn, la recommandation d'un tiers — repose sur des mots que votre concurrent utilise aussi.

« Un site de gérant ne vend pas de la performance. Il vend l'idée qu'on peut décrocher son téléphone sans se sentir de trop. »

La vidéo ne remplace rien de ce dispositif. Elle avance le moment où le prospect se fait une idée de vous, et elle le fait avant que vous ayez dépensé une heure de rendez-vous.

Ce que la LSFin encadre, et ce qu'elle n'encadre pas

C'est la première objection dans chaque discussion, et elle mérite une réponse précise plutôt qu'une prudence vague. La loi fédérale sur les services financiers pose à son article 68 que la publicité pour un instrument financier doit être identifiable comme telle, mentionner le prospectus et la feuille d'information de base ainsi que l'endroit où se les procurer, et rester cohérente avec ces documents.

Le point important tient en un mot : instrument. Une vidéo où un gérant explique sa philosophie d'allocation, la composition de son équipe, sa manière de traiter une succession ou la raison pour laquelle il a fondé sa maison ne fait la publicité d'aucun produit. Elle relève de la communication d'entreprise ordinaire.

La ligne se franchit dès que vous nommez un fonds, annoncez un rendement, comparez une performance ou suggérez une allocation à un profil de client. À ce moment-là, les obligations documentaires s'appliquent, et une vidéo est un mauvais support pour les remplir.

La règle de travail que nous appliquons

  • On parle de méthode, jamais de chiffre de performance
  • On parle de situations (une transmission, une expatriation, une vente d'entreprise), jamais d'un client identifiable
  • Aucune promesse, aucun superlatif comparatif, aucun « meilleur »
  • Le compliance officer relit le script avant le tournage, pas le montage après

Ce dernier point divise le coût par deux. Un script validé en amont se tourne en une heure ; une vidéo montée puis refusée se retourne intégralement. En cas de doute sur un contenu précis, la validation interne prime toujours sur notre avis : nous produisons, nous ne conseillons pas sur le plan réglementaire.

Le premier format : le portrait du gérant

Quatre-vingt-dix secondes, face caméra, trois questions. Pourquoi avez-vous créé cette maison ? Qu'est-ce qui se passe concrètement lors du premier rendez-vous ? Qu'est-ce que les clients découvrent souvent trop tard sur la gestion de leur patrimoine ?

Ces trois questions ont une propriété utile : aucune ne peut recevoir une réponse réglementée. Elles produisent pourtant exactement ce que le prospect cherche, c'est-à-dire un ton, un rythme de parole, une façon d'expliquer les choses sans jargon.

Le portrait vit ensuite sur la page « équipe », sur LinkedIn, dans les réponses aux appels d'offres de family offices, et en pièce jointe du premier échange avec un apporteur d'affaires.

Les formats suivants, par ordre d'utilité

La réponse à une question patrimoniale fréquente. Soixante secondes sur « que devient un compte suisse à la mort du titulaire », « comment fonctionne le forfait fiscal », « faut-il rapatrier ses avoirs en cas de départ de Suisse ». Ce sont des questions réellement tapées dans Google, et une vidéo qui y répond sobrement se retrouve citée bien au-delà de votre site.

Le format court pour LinkedIn. Le même contenu recadré en vertical et sous-titré, publié une fois par semaine. C'est le seul réseau où se trouvent les avocats, notaires et fiduciaires qui vous adressent des clients. Un gérant qui y parle régulièrement de son sujet finit par être la personne qu'on cite.

Le film de maison. Il vient en dernier, contrairement à ce que fait la profession. Un institutionnel coûte plus cher, vieillit à chaque changement d'organigramme, et convainc moins qu'un associé qui parle bien pendant une minute trente.

Ce que ça coûte à Genève

En studio, la grille est publique et ne bouge pas selon le secteur. Une heure de tournage avec montage livré revient à 299 CHF, deux heures à 559 CHF, trois heures à 769 CHF. En location seule, sans montage, l'heure est à 189 CHF et vous repartez avec les fichiers bruts, ce que certaines maisons préfèrent pour garder la post-production en interne.

Une heure suffit pour deux portraits d'associés et quatre formats courts à condition que les scripts soient validés avant. Le prompteur, à 50 CHF, se justifie presque toujours dans ce secteur : il permet de tenir un texte relu par la compliance au mot près, ce qui est exactement le point qui bloque ailleurs.

Pour un film tourné dans vos locaux du quartier des banques, avec plusieurs intervenants et des plans de coupe, on passe au devis. Le détail des postes est expliqué dans notre article sur le prix d'une vidéo professionnelle à Genève.

Trois erreurs qui reviennent

Filmer dans une salle de conseil. La table en noyer et la vue sur le lac produisent exactement le cliché dont le secteur souffre. Un fond neutre et un bon éclairage donnent une image plus contemporaine et coûtent moins cher.

Faire parler le CEO uniquement. Le prospect ne travaillera pas avec le CEO, il travaillera avec un gérant de relation. C'est celui-là qu'il faut filmer, et c'est presque toujours celui qu'on oublie.

Attendre la refonte du site. Une vidéo de portrait sert sur LinkedIn dès le lendemain du tournage, sans attendre quoi que ce soit. Les maisons qui ont lié leur projet vidéo à une refonte n'ont rien publié pendant dix-huit mois.

Comment s'y prendre

Écrivez trois questions par gérant, pas plus. Faites-les relire par quelqu'un qui n'est pas du métier : si cette personne ne comprend pas la question, le client non plus. Passez le script à la compliance, réservez une heure de studio, venez à deux, et laissez le montage faire le reste.

Si vous voulez d'abord comprendre le déroulé, notre page production vidéo à Genève détaille les formats, les tarifs en francs et les délais.

Conclusion

La vidéo ne rendra pas votre gestion meilleure, et personne ne lui demande ça. Elle enlève la couche d'anonymat qui sépare un site de gérant d'un premier appel, dans un marché où tous les sites se ressemblent au mot près.

Commencez par un portrait de quatre-vingt-dix secondes, validé par la compliance. Il servira dès la semaine suivante, et il vous dira si le reste vaut la peine.

Questions fréquentes

Un gestionnaire de fortune a-t-il le droit de faire une vidéo promotionnelle en Suisse ?

Oui. La LSFin encadre à son article 68 la publicité pour un instrument financier : elle doit être identifiable comme telle, mentionner le prospectus et la feuille d'information de base ainsi que l'endroit où se les procurer, et rester cohérente avec ces documents. Une vidéo qui présente votre maison, votre équipe et votre méthode ne fait la publicité d'aucun instrument et ne tombe pas dans ce cadre. La ligne se franchit dès qu'un fonds est nommé ou qu'une performance est annoncée. En cas de doute sur un contenu précis, faites valider le script par votre compliance avant le tournage.

Peut-on montrer une performance passée dans une vidéo ?

C'est le point à éviter. Une performance citée sans son cadre complet, sa période de référence, ses frais et son avertissement sur le caractère non prédictif devient problématique, et une vidéo est un mauvais support pour afficher tout cela lisiblement. La pratique la plus sûre consiste à parler de méthode et de processus, et à renvoyer les chiffres vers les documents prévus pour ça.

Quel format produire en premier pour une banque privée ?

Le portrait de gérant, entre 60 et 90 secondes. Il coûte le moins cher, se tourne en une heure de studio et sert immédiatement sur la page équipe, sur LinkedIn et dans les premiers échanges avec un apporteur d'affaires. Le film institutionnel de la maison, plus cher et plus long à produire, vient après, une fois que vous savez ce qui fonctionne.

Combien coûte une vidéo pour un gérant de fortune à Genève ?

En studio, une heure de tournage avec montage livré coûte 299 CHF, deux heures 559 CHF, trois heures 769 CHF. En location seule sans montage, l'heure est à 189 CHF. Le prompteur est à 50 CHF et se justifie souvent dans ce secteur, où le texte doit être tenu au mot près. Un film tourné dans vos locaux, avec plusieurs intervenants, passe par un devis.

Faut-il tourner dans nos bureaux ou en studio ?

En studio pour les portraits et les formats courts : le son y est maîtrisé, la lumière aussi, et personne n'entre dans la pièce en plein enregistrement. Dans vos locaux quand le lieu fait partie du message, par exemple pour un film de présentation de la maison. Beaucoup d'établissements commencent en studio et ne filment sur site qu'une fois par an.

Le prompteur est-il utile pour un texte validé par la compliance ?

C'est même sa meilleure justification. Un script relu et validé doit être dit tel quel : le prompteur évite les reformulations improvisées qui font sortir du cadre validé, et il divise par deux le nombre de prises. Il est disponible en option à 50 CHF et se règle en début de séance.

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