Ce que la vidéo doit produire

Un investisseur reçoit des dizaines de dossiers par mois. Il ouvre le deck, il regarde deux ou trois pages, et il décide en une minute s'il répond. La vidéo intervient exactement à cet instant, et elle n'a qu'une fonction : donner envie de parler aux fondateurs.

Elle ne remplace ni le deck, ni les chiffres, ni la due diligence. Elle fait ce qu'aucun document ne fait : montrer qui porte le projet et comment ces gens raisonnent.

« On ne finance pas un marché, on finance des gens qui vont se planter plusieurs fois. La vidéo sert à voir s'ils tiennent debout. »

D'où une conséquence contre-intuitive : plus la vidéo est produite, moins elle sert. Un film publicitaire soigné signale un budget marketing, pas une équipe.

La structure en quatre-vingt-dix secondes

0 à 10 secondes — le problème, en une phrase

Pas l'histoire de la fondation, pas la taille du marché. Le problème, formulé comme la personne qui le subit le formulerait. Si l'investisseur ne comprend pas de quoi il s'agit à la dixième seconde, il ferme.

10 à 35 secondes — ce que vous faites

Concret, avec une démonstration si le produit existe. Une capture d'écran réelle vaut mieux qu'une animation. Ce qui compte est la clarté, pas l'élégance.

35 à 60 secondes — la preuve

Ce que vous avez déjà : utilisateurs, revenus, clients pilotes, partenariats signés. Des faits datés, jamais des projections. Un investisseur repère une projection présentée comme un résultat en une seconde, et c'est éliminatoire.

60 à 90 secondes — l'équipe et la demande

Qui vous êtes, pourquoi vous, ce que vous demandez et pour quoi faire. Terminez par une demande précise : le montant, l'horizon, l'usage. Une vidéo qui se termine sur « rejoignez l'aventure » n'obtient aucun rendez-vous.

Les six erreurs qui reviennent

  • La voix off professionnelle. Elle efface les fondateurs, qui sont précisément le sujet. Parlez vous-mêmes, même avec un accent, même imparfaitement.
  • L'animation de l'écosystème. Le schéma avec les flèches et les icônes est le signal le plus fiable d'un projet qui n'a pas encore de client.
  • Le chiffre du marché mondial. « Un marché de 400 milliards » ne convainc personne et fait perdre dix secondes précieuses.
  • La musique motivante. Elle produit l'effet inverse de celui recherché et pose en plus une question de droits.
  • Le format long. Trois minutes, c'est deux minutes de trop. Si vous ne pouvez pas couper, c'est que le propos n'est pas clair.
  • Les deux cofondateurs qui parlent à tour de rôle par politesse. Un seul porte le récit, l'autre intervient sur son domaine. Le partage égalitaire donne une vidéo hachée.

Le cas genevois

Genève a une particularité utile à connaître : une part importante des interlocuteurs — fonds, family offices, structures d'accompagnement, organisations internationales — travaille en anglais. Prévoyez d'emblée deux versions.

La méthode économique consiste à tourner les deux dans la même séance, en enchaînant les prises. C'est plus efficace que de revenir, et le prompteur à 50 CHF y prend tout son sens pour la version dans la langue la moins confortable.

Deuxième particularité : la proximité de l'EPFL, des hautes écoles et des programmes d'accompagnement fait que beaucoup de dossiers se ressemblent dans leur présentation. Une vidéo où l'on entend une personne parler normalement se distingue immédiatement d'un lot de decks formatés.

Ce que ça coûte

Une heure de studio à 299 CHF, tournage et montage compris, suffit largement : c'est un format court, avec deux ou trois intervenants et un texte préparé. La vidéo est livrée sous 48 heures, ce qui compte quand une échéance de dossier approche.

Deux heures à 559 CHF permettent de sortir la version française, la version anglaise, et une série d'extraits courts pour LinkedIn, où se trouvent une bonne partie des business angels.

Ce qui coûte cher n'est pas le tournage, c'est l'écriture. Comptez plusieurs allers-retours sur les quatre-vingt-dix secondes de texte, et faites-les relire par quelqu'un qui ne connaît pas votre secteur.

Où la placer

Dans le courriel d'approche, en lien et non en pièce jointe. Sur la première page du deck, avec un lien cliquable. Sur votre page « à propos ». Et en réponse à toute demande d'information : elle fait gagner un aller-retour.

Ne la publiez pas comme une annonce publique tant que la levée n'est pas communiquée. Une vidéo de pitch visible par tous pendant six mois vieillit avec vos chiffres.

Conclusion

Une vidéo de pitch réussie est courte, dite par les fondateurs, factuelle sur ce qui existe déjà, et se termine sur une demande précise. Elle coûte une heure de studio et quelques jours d'écriture.

Son seul indicateur de succès est le nombre de réponses obtenues. Si personne ne répond, ce n'est presque jamais la production qui est en cause : c'est le texte.

Questions fréquentes

Une vidéo de pitch aide-t-elle vraiment à lever des fonds ?

Elle ne fait pas lever, elle fait obtenir des rendez-vous. Un investisseur décide en une minute s'il répond à un dossier, et la vidéo intervient à cet instant précis pour montrer qui porte le projet. Elle ne remplace ni le deck, ni les chiffres, ni la due diligence.

Quelle durée pour une vidéo de pitch ?

Quatre-vingt-dix secondes au maximum. Structure éprouvée : le problème en dix secondes, ce que vous faites jusqu'à trente-cinq, la preuve de traction jusqu'à soixante, l'équipe et la demande jusqu'à quatre-vingt-dix. Si vous ne pouvez pas couper à cette durée, c'est que le propos n'est pas encore clair.

Faut-il une voix off professionnelle ?

Non, c'est même contre-productif. La voix off efface les fondateurs, qui sont précisément ce que l'investisseur cherche à évaluer. Parlez vous-mêmes, y compris avec un accent ou des hésitations : c'est ce qui permet de juger l'équipe.

Peut-on montrer des projections de chiffre d'affaires ?

Montrez ce qui existe déjà — utilisateurs, revenus, clients pilotes, partenariats signés — avec des faits datés. Une projection présentée comme un résultat est repérée immédiatement et coûte la crédibilité de toute la vidéo. Les projections ont leur place dans le deck, pas dans une vidéo de quatre-vingt-dix secondes.

Faut-il une version anglaise ?

À Genève, oui, très souvent : une part importante des fonds, family offices et structures d'accompagnement travaille en anglais. Le plus économique est de tourner les deux versions dans la même séance, en enchaînant les prises, avec le prompteur en option à 50 CHF pour la langue la moins confortable.

Combien coûte une vidéo de pitch à Genève ?

Une heure de studio à 299 CHF, tournage et montage compris, suffit pour un format court avec deux ou trois intervenants et un texte préparé, livré sous 48 heures. Deux heures à 559 CHF permettent de sortir la version française, l'anglaise et des extraits courts pour LinkedIn. Le vrai coût est dans l'écriture, pas dans le tournage.

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