Deux publics, deux séries
C'est la première erreur, et elle est presque universelle : produire un contenu qui essaie de plaire aux deux. Une vidéo qui vante votre efficacité auprès des entreprises fait fuir les candidats, qui y lisent qu'ils sont un stock. Une vidéo bienveillante côté candidat n'intéresse aucun directeur des ressources humaines.
La solution est structurelle : deux séries, deux tons, deux canaux, éventuellement deux pages du site. Elles peuvent être tournées dans la même séance, mais elles ne se croisent jamais à la publication.
« Un cabinet qui parle des candidats comme d'un vivier devant une caméra perd les candidats. Ils regardent aussi. »
Côté entreprise : ce qui gagne un mandat
Un directeur RH genevois qui choisit un cabinet ne compare pas des méthodologies, elles se ressemblent toutes. Il cherche une chose : est-ce que ces gens connaissent réellement mon marché ?
Le point de marché chiffré
Deux minutes sur l'état d'un segment précis : la tension sur les profils comptables en Suisse romande, les fourchettes de salaire réelles observées, le délai moyen pour pourvoir un poste technique. C'est le format qui gagne des rendez-vous, parce qu'il prouve la connaissance au lieu de l'affirmer.
Une précaution : citez des ordres de grandeur observés et datez-les. Un chiffre présenté comme absolu et non sourcé se retourne contre vous en réunion.
L'erreur que font les entreprises
« Pourquoi votre annonce ne reçoit aucune candidature », « pourquoi vos trois premiers entretiens font fuir les bons profils », « ce que votre fourchette salariale dit vraiment au marché ». Format court, utile, légèrement inconfortable : c'est ce qui circule entre RH.
Le cas résolu, sans nommer
Un poste difficile, la contrainte, ce qui a été tenté, ce qui a fonctionné. Anonymisé mais concret. Beaucoup plus convaincant qu'une page de références.
Côté candidat : remplacer le message qui n'est pas lu
Un candidat en poste, sollicité quatre fois par semaine, ne répond plus. La vidéo change le rapport parce qu'elle donne quelque chose avant de demander.
- Le point de marché côté salaire — ce qu'un profil comme le sien vaut réellement à Genève aujourd'hui. C'est l'information que tout le monde cherche et que personne ne publie.
- La préparation à l'entretien — ce qu'une entreprise genevoise attend réellement, ce qui élimine, comment négocier.
- Le portrait du consultant — qui vous êtes, quels postes vous suivez. Un candidat accepte de parler à quelqu'un dont il a vu le visage, pas à un profil.
- La réponse aux questions administratives — permis, frontaliers, différences de contrat, prévoyance en changeant d'employeur. Sujets à très forte recherche et à faible offre de contenu en français.
Le levier concret : joindre une vidéo de trente secondes du consultant dans le message d'approche. Le taux de réponse change, parce que le candidat sait à qui il parle.
Ce qu'il faut éviter
Nommer un client sans autorisation écrite. Évident, et régulièrement oublié dans l'enthousiasme d'un témoignage. Le droit à l'image s'applique aussi aux personnes filmées chez vos clients.
Filmer un candidat placé. Cela paraît excellent et met la personne dans une position délicate vis-à-vis de son nouvel employeur et de l'ancien. Si vous le faites, autorisation écrite et délai de plusieurs mois.
Promettre un délai. « Nous pourvoyons en trois semaines » est vérifiable, et invérifiable en moyenne. Parlez de méthode, pas de garantie.
Ce que ça coûte
En studio, une heure de tournage avec montage livré revient à 299 CHF, deux heures à 559 CHF. Une heure produit dix formats courts si les sujets sont écrits : de quoi alimenter les deux séries pendant un trimestre.
Le rythme qui fonctionne dans ce métier est le trimestre : une séance tous les trois mois, dont la moitié du contenu est un point de marché actualisé. Les données bougent, et c'est justement ce qui donne une raison de revenir.
Pour une publication hebdomadaire régulière, l'abonnement mensuel à 1'750 CHF évite de repasser par un devis. La question du personal branding des consultants se pose souvent en parallèle : c'est le consultant qu'on suit, pas le cabinet.
Conclusion
Un cabinet de recrutement ne gagne pas de mandats en expliquant sa méthode, et n'attire pas de candidats en parlant d'opportunités. Il gagne les deux en publiant ce que personne d'autre ne publie : l'état réel du marché genevois, chiffré et daté.
Deux séries, une séance par trimestre, dix vidéos. C'est le format qui correspond au métier.
Questions fréquentes
Faut-il séparer les contenus destinés aux entreprises et aux candidats ?
Oui, systématiquement. Une vidéo qui vante votre efficacité auprès des entreprises fait fuir les candidats, qui y lisent qu'ils sont un stock, et une vidéo bienveillante côté candidat n'intéresse aucun directeur RH. Deux séries, deux tons, deux canaux : elles peuvent être tournées dans la même séance mais ne se croisent jamais à la publication.
Quel format convainc une entreprise de confier un mandat ?
Le point de marché chiffré : deux minutes sur l'état d'un segment précis, la tension sur certains profils, les fourchettes observées, les délais réels. Il prouve la connaissance du marché au lieu de l'affirmer, là où toutes les méthodologies se ressemblent. Citez des ordres de grandeur observés et datez-les.
Comment la vidéo aide-t-elle à approcher des candidats passifs ?
En donnant quelque chose avant de demander. Un point de marché sur ce que vaut réellement un profil à Genève, une préparation à l'entretien, ou simplement une vidéo de trente secondes du consultant jointe au message d'approche. Le candidat sait alors à qui il parle, ce qui change le taux de réponse.
Peut-on filmer un candidat qu'on a placé ?
C'est délicat. La personne se trouve exposée vis-à-vis de son nouvel employeur comme de l'ancien. Si vous le faites, prévoyez une autorisation écrite précisant les canaux et la durée de diffusion, et attendez plusieurs mois après la prise de poste.
Combien coûte une série de vidéos pour un cabinet de recrutement ?
En studio, une heure de tournage avec montage livré coûte 299 CHF, deux heures 559 CHF. Une heure produit une dizaine de formats courts si les sujets sont écrits, soit un trimestre de publication pour les deux séries. Pour un rythme hebdomadaire, l'abonnement mensuel à 1'750 CHF évite de repasser par un devis.
À quelle fréquence produire ?
Une séance par trimestre convient à ce métier, en consacrant la moitié du contenu à un point de marché actualisé. Les données bougent, et c'est précisément ce qui donne aux entreprises comme aux candidats une raison de revenir régulièrement.
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