La distinction que personne ne fait

Trois objets sont confondus sous le mot « teaser », et ils ne servent pas à la même chose.

Le teaser annonce quelque chose qui n'existe pas encore : un épisode qui sort jeudi, un événement, un lancement. Sa fonction est de créer une attente, et il n'a de sens qu'avec une date.

La bande-annonce résume ce qui existe déjà pour donner envie d'y aller. Elle montre, elle ne cache pas. C'est le format d'un podcast, d'une série, d'un film.

L'extrait prend soixante secondes du contenu réel et les publie tels quels. C'est le format le plus efficace en entreprise, et le moins demandé.

« Un teaser pour un contenu déjà en ligne, c'est une bande-annonce diffusée dans la salle de cinéma pendant que le film passe. »

Quand le teaser fonctionne

Un événement daté. Une conférence, une porte ouverte, un lancement de produit. La date est ce qui donne au teaser sa raison d'être, et elle doit être lisible à l'écran pendant toute la durée.

Le lancement d'une série. Un podcast qui démarre, une série de formats vidéo. Le teaser publié une semaine avant construit la première audience, celle qui sera là au premier épisode.

Un contenu à accès conditionnel. Un livre blanc, une formation, un webinaire sur inscription. Le teaser sert alors à justifier l'échange d'une adresse contre le contenu.

Une sortie annuelle attendue. Un rapport, une étude, un baromètre publié chaque année. Le teaser réactive une audience qui connaît déjà le rendez-vous.

Quand il ne sert à rien

Pour une vidéo déjà publiée. Le spectateur peut la regarder immédiatement : le teaser lui fait perdre quinze secondes. Publiez un extrait qui donne la valeur tout de suite.

Pour un film institutionnel. Personne n'attend le film institutionnel d'une entreprise. Le teaser mobilise un budget pour annoncer un contenu que le public ne réclame pas.

Pour un témoignage client. Le témoignage vaut par ce qu'il dit. Le découper pour n'en montrer que des bribes en supprime la crédibilité.

Quand il n'y a pas de date. « Bientôt » n'est pas une date. Un teaser sans échéance n'appelle aucune action et sera oublié avant la sortie.

Les règles de construction

  • Quinze secondes. Au-delà, ce n'est plus une accroche mais un mauvais résumé. Les meilleurs teasers font dix secondes.
  • Une seule idée. Un teaser qui essaie de dire trois choses n'en transmet aucune.
  • La date visible pendant toute la durée, pas seulement à la fin : une large part des vues s'arrête avant.
  • Lisible sans le son. La majorité de la lecture se fait en silence : le message doit passer par le texte à l'écran.
  • Ne montrez pas la meilleure séquence. C'est l'erreur la plus fréquente : le teaser qui contient le meilleur moment dispense de regarder le reste.

Sur le plan des droits, un teaser diffusé en publicité payante ne relève pas du même régime qu'une vidéo publiée sur votre site. Si de la musique est utilisée, vérifiez la licence : voir notre article sur la musique et la SUISA.

Le produire sans coût supplémentaire

Un teaser ne demande pas de tournage dédié dans l'immense majorité des cas. Il se tire du tournage principal, à trois conditions décidées avant la séance.

Prévoir une phrase d'accroche. Demandez à l'intervenant de dire une phrase courte et autonome, hors du fil du propos. Dix secondes de plateau, un teaser prêt.

Tourner quelques plans muets. Un regard, un geste, une mise en place. Ils ne serviront pas au montage principal et sauveront le teaser.

Filmer en vertical ou cadrer large. Le teaser vit sur les réseaux, donc en vertical. Un cadre large permet de recadrer sans perdre le sujet ; un gros plan serré interdit le recadrage.

Une heure de studio à 299 CHF, tournage et montage compris, couvre le contenu principal et sa déclinaison, à condition d'avoir prévu ces trois points au brief. Décidés après coup, ils imposent une seconde séance.

L'alternative qui marche presque toujours

Pour la plupart des entreprises, l'extrait bat le teaser. Soixante secondes de contenu réel, sous-titrées, publiées telles quelles, avec un lien vers la version complète.

Il donne de la valeur immédiatement au lieu d'en promettre, il fonctionne sans date, il se produit sans écriture supplémentaire, et il se décline en cinq exemplaires à partir d'un seul enregistrement. C'est le principe du repurposing appliqué à la vidéo.

Conclusion

Un teaser sert à annoncer une date. Sans date, il ne sert à rien et l'extrait fait mieux le travail.

Quand il est justifié : quinze secondes, une idée, la date visible, lisible sans le son, et surtout pas le meilleur moment du contenu. Prévoyez-le au brief, il ne coûtera rien de plus.

Questions fréquentes

Quelle est la bonne durée d'un teaser ?

Quinze secondes au maximum, et les plus efficaces font dix secondes. Au-delà, le teaser cesse d'être une accroche et devient un mauvais résumé. Une seule idée doit être transmise : un teaser qui essaie d'en dire trois n'en transmet aucune.

Quelle différence entre un teaser, une bande-annonce et un extrait ?

Le teaser annonce quelque chose qui n'existe pas encore et n'a de sens qu'avec une date. La bande-annonce résume ce qui existe déjà pour donner envie d'y aller. L'extrait prend soixante secondes du contenu réel et les publie tels quels : c'est le format le plus efficace en entreprise et le moins demandé.

Faut-il un teaser pour un film institutionnel ?

Non. Personne n'attend le film institutionnel d'une entreprise, et le teaser mobilise un budget pour annoncer un contenu que le public ne réclame pas. Publiez plutôt des extraits du film, qui donnent de la valeur immédiatement.

Le teaser demande-t-il un tournage supplémentaire ?

Pas si on l'anticipe. Trois choses à prévoir au brief : faire dire à l'intervenant une phrase courte et autonome hors du fil du propos, tourner quelques plans muets, et cadrer large ou en vertical pour permettre le recadrage. Décidées après coup, ces trois choses imposent une seconde séance.

Faut-il montrer le meilleur moment dans un teaser ?

Non, c'est l'erreur la plus fréquente. Un teaser qui contient le meilleur moment du contenu dispense de regarder le reste. Il doit signaler qu'il se passe quelque chose sans livrer ce qui a de la valeur.

Un teaser fonctionne-t-il sans le son ?

Il le doit, car la majorité de la lecture sur les réseaux se fait en silence. Le message doit passer par le texte à l'écran, et la date doit rester visible pendant toute la durée plutôt qu'apparaître à la fin, puisqu'une large part des vues s'arrête avant.

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